Pourquoi l’Algérie, avec 46 millions d’habitants et plus de 2 000 startups labellisées, ne capte que 8 millions $ d’equity quand l’Égypte en attire 358 millions $ ?
- Introduction : Le Jour où l’Afrique Tech a Changé de Visage
- Partie I : Anatomie d’un Écosystème à 4,1 Milliards $
- Partie II : Le Fossé Anglophone-Francophone — Une Réalité Plus Nuancée
- Partie III : Afrique du Nord — Le Laboratoire des Contrastes
- Quatre Pays, Quatre Trajectoires
- Le Cas Égyptien : Comment Devenir le Champion Régional
- La Tunisie : Le Petit Poucet Qui Performe
- Partie IV : Le Paradoxe Algérien — Autopsie d’une Anomalie
- Les Chiffres de l’Absurde
- Les Causes Structurelles du Blocage
- Le Fossé Input-Outcome : Analyse Quantitative
- Partie V : Comment l’Algérie Peut-Elle Remonter la Pente ?
- Partie VI : Scénarios 2030 — Où Sera l’Algérie ?
- Scénario 1 : Stagnation Prolongée (Probabilité : 50%)
- Scénario 2 : Décollage Progressif (Probabilité : 35%)
- Scénario 3 : Transformation Accélérée (Probabilité : 15%)
- Partie VII : L’angle mort de Partech — Ce que les chiffres ne disent pas
- Partie VIII : Analyse Sectorielle — Où Va l’Argent en Afrique ?
- Partie IX : Les Investisseurs — Qui Finance l’Afrique Tech ?
- FAQ : Les Questions Clés sur le VC Africain en 2025
- Pourquoi le Kenya est-il passé devant l’Afrique du Sud en financement total ?
- Les pays francophones sont-ils réellement en train de rattraper les anglophones ?
- Pourquoi l’Algérie ne profite-t-elle pas de la vague francophone ?
- Le crowdfunding peut-il compenser l’absence de VC en Algérie ?
- Conclusion : Le Temps des Choix
TL;DR : Le rapport Partech Africa 2025 révèle un écosystème tech africain à 4,1 milliards $ (+25% YoY), mais la concentration reste brutale : 4 pays captent 72% du financement total. Si les pays francophones hors Top 4 surpassent désormais les anglophones en volume de deals equity (selon le breakdown par pays du rapport), l’Algérie demeure une anomalie statistique effrayante avec seulement 8 millions $ d’equity — soit 45 fois moins que l’Égypte. Décryptage des causes structurelles.
Introduction : Le Jour où l’Afrique Tech a Changé de Visage
Janvier 2026. Partech Partners publie la 10ème édition de son rapport annuel sur le venture capital africain. Ce document de référence, compilé depuis 2016, fait autorité dans l’industrie. Les chiffres qu’il contient ne sont pas des vœux pieux ministériels : ce sont des transactions vérifiées, des deals closés (seuls les tickets supérieurs à 200 000 $ sont comptabilisés), de l’argent réel qui a changé de mains.
Et ce que révèle cette édition 2025 est à la fois encourageant et profondément troublant.
Encourageant, parce que le financement total (equity + debt) atteint 4,1 milliards $, en hausse de 25% par rapport à 2024. L’Afrique tech n’est plus une curiosité exotique pour VCs en quête de diversification : c’est un marché structuré, avec des acteurs matures, des exits documentés, et une infrastructure de financement de plus en plus sophistiquée.
Troublant, parce que derrière ces chiffres globaux se cache une réalité que peu de commentateurs osent nommer clairement : l’Afrique tech est un oligopole géographique. Quatre pays — Kenya, Afrique du Sud, Égypte, Nigeria — captent 72% du financement total et concentrent l’essentiel des transactions. Le reste du continent se partage les miettes.
Et dans ce « reste du continent », il y a un cas qui défie toute logique économique : l’Algérie.
Partie I : Anatomie d’un Écosystème à 4,1 Milliards $
Les Chiffres Qui Comptent
Avant de plonger dans l’analyse comparative, posons les fondamentaux. Voici ce que dit réellement le rapport Partech 2025 :
| Indicateur | 2024 | 2025 | Variation YoY |
|---|---|---|---|
| Financement Total (Equity + Debt) | 3,25 Mds $ | 4,1 Mds $ | +25% |
| Equity Funding | 2,24 Mds $ | 2,4 Mds $ | +8% |
| Debt Funding | 1,01 Md $ | 1,64 Md $ | +63% |
| Nombre de Deals (Total) | 534 | 570 | +7% |
| Deals Equity | 457 | 462 | +1% |
| Deals Debt | 77 | 107 | +40% |
| Investisseurs Actifs (Equity) | 580 | 539 | -7% |
Note méthodologique : Partech comptabilise uniquement les deals ≥ 200K$, excluant grants, ICOs, et M&A. Les chiffres « total » additionnent equity et debt.
Le premier enseignement est contre-intuitif : la croissance 2025 est portée par la dette, pas par l’equity. Le financement par dette a explosé de 63% pour atteindre 1,64 milliard $, son plus haut niveau historique. Ce n’est pas un signal de faiblesse — c’est un signe de maturité. Les entreprises africaines qui accèdent au debt financing sont celles qui ont atteint un niveau de gouvernance et de maturité opérationnelle suffisant pour rassurer les prêteurs.
Le debt n’est plus un instrument périphérique : il représente désormais 41% du financement total, contre 31% en 2024 et seulement 17% en 2019. C’est une transformation structurelle majeure pour le marché de l’investissement continental.
La Hiérarchie des Nations
| Rang | Pays | Equity | Deals (Total) | Total (Inc. Debt) |
|---|---|---|---|---|
| 1 | Kenya | 539 M$ | 91 | 1 037 M$ |
| 2 | Afrique du Sud | 643 M$ | 94 | 715 M$ |
| 3 | Égypte | 358 M$ | 100 | 604 M$ |
| 4 | Nigeria | 412 M$ | 102 | 572 M$ |
| … | … | … | … | … |
| 7 | Maroc | 79 M$ | 29 | 80 M$ |
| 8 | Tunisie | 37 M$ | 20 | 42 M$ |
| 18 | Algérie | 8 M$ | 4 | 8 M$ |
Dans ce tableau, “Deals (Total)” inclut equity + debt, comme dans le reporting pays de Partech.
Regardez bien ce tableau. L’Algérie, avec ses 46 millions d’habitants, ses plus de 2 000 startups labellisées, son Algerian Startup Fund annoncé à près de 411 millions de dollars (montant communiqué publiquement ; les modalités de déploiement effectif peuvent diverger), et sa première place mondiale au GEW 2025 avec 58 750 activités déclarées… n’a attiré que 8 millions $ d’equity en 2025. Quatre deals.
C’est 45 fois moins que l’Égypte. C’est un écart tellement massif qu’il ressemble à une erreur de saisie. Mais ce n’en est pas une.
Partie II : Le Fossé Anglophone-Francophone — Une Réalité Plus Nuancée
Le Mythe de la Domination Anglophone
La narrative dominante dans l’écosystème tech africain est simple : les pays anglophones dominent, les pays francophones sont à la traîne. Cette lecture est vraie si l’on regarde le Top 4. Mais elle devient trompeuse si l’on examine ce qui se passe en dehors du Top 4.
Le rapport Partech 2025 révèle une inversion historique : les pays francophones hors Top 4 captent désormais 68% du financement equity de ce segment. En nombre de deals, ils représentent 64% de l’activité (79 deals vs 37 pour les anglophones).
| Métrique (Hors Top 4, Equity) | Pays Francophones | Pays Anglophones |
|---|---|---|
| Equity Funding 2025 | 252 M$ | 99 M$ |
| Part du Segment | 68% | 32% |
| Nombre de Deals | 79 | 37 |
| Évolution Deals (2015→2025) | 4 → 79 | 11 → 37 |
Ce renversement n’est pas un accident. Il traduit une maturation structurelle des écosystèmes francophones, portée par des champions régionaux comme le Sénégal, la Côte d’Ivoire, et le Maroc.
Le Problème de la Concentration
Car voici le paradoxe : les pays francophones surpassent collectivement les anglophones, mais cette performance est portée par un très petit nombre d’acteurs. Le Sénégal représente à lui seul, selon nos estimations basées sur le breakdown pays, un ordre de grandeur de 55% du financement francophone hors Top 4, principalement grâce à un seul méga-deal (Wave Mobile Money). Retirez cette transaction, et le tableau change radicalement.
Le Maroc, malgré ses 29 deals (le volume le plus élevé en francophonie hors Top 4), ne capte que 79 M$ — soit des tickets moyens modestes. C’est le signe d’un écosystème actif en early-stage, mais qui peine encore à produire des scale-ups capables d’attirer des Series A et B significatives.
Et l’Algérie ? L’Algérie est tout simplement absente de cette dynamique francophone.
Partie III : Afrique du Nord — Le Laboratoire des Contrastes
Quatre Pays, Quatre Trajectoires
L’Afrique du Nord offre un cas d’étude fascinant. Quatre pays, géographiquement contigus, culturellement proches — et pourtant des performances radicalement différentes.
| Pays | Population | PIB (Mds $) | Equity 2025 | Deals 2025 | Equity/Habitant |
|---|---|---|---|---|---|
| Égypte | 105 M | 387 | 358 M$ | 80 | 3,41 $ |
| Maroc | 37 M | 134 | 79 M$ | 26 | 2,14 $ |
| Tunisie | 12 M | 46 | 37 M$ | 18 | 3,08 $ |
| Algérie | 46 M | 195 | 8 M$ | 4 | 0,17 $ par habitant |
Note : Le ratio « Equity/Habitant » est un indicateur imparfait. Sources population/PIB : Banque Mondiale 2024.
L’Égypte attire 3,41 $ d’equity par habitant. La Tunisie, malgré sa petite taille, atteint 3,08 $. Le Maroc est à 2,14 $. L’Algérie ? Vingt fois moins que l’Égypte. C’est un écart qui ne s’explique ni par la démographie, ni par le PIB.
Le Cas Égyptien : Comment Devenir le Champion Régional
L’Égypte n’a pas toujours été le leader nord-africain du VC. Son ascension s’explique par plusieurs facteurs documentés : un marché domestique massif (105 millions d’habitants), une densité de deals exceptionnelle (80 deals equity) créant un pipeline constant, et un écosystème de support mature (Flat6Labs, Algebra Ventures) qui a structuré le financement seed. Le Caire fonctionne comme hub pour le Moyen-Orient et l’Afrique du Nord.
La Tunisie : Le Petit Poucet Qui Performe
La Tunisie est le cas le plus inspirant pour les petits pays. Avec seulement 12 millions d’habitants, elle génère 37 M$ d’equity et 18 deals — une performance per capita proche de l’Égypte. Le secret tunisien ? Une diaspora tech active, des liens forts avec l’écosystème français, et une culture entrepreneuriale ancrée depuis les années 2000.
Partie IV : Le Paradoxe Algérien — Autopsie d’une Anomalie
Les Chiffres de l’Absurde
Récapitulons ce que nous savons sur l’Algérie, en distinguant les sources :
- Population : 46 millions d’habitants (2ème en Afrique du Nord)
- PIB : 195 milliards $ (2ème en Afrique du Nord)
- Startups labellisées : ~2 300 (Chiffre officiel d’État)
- Equity VC 2025 : 8 millions $ (Transactions vérifiées Partech)
- Deals 2025 : 4
Il y a une dissonance cognitive massive entre les indicateurs « Input » (activités, événements, labellisations) et les indicateurs « Outcome » (financement international, exits). Comme nous l’avions analysé dans notre article sur le GEW 2025, l’Algérie excelle dans la mobilisation de masse mais peine à convertir cette énergie en valeur économique mesurable.
Cas d’école (pour illustrer la friction) : prenons l’exemple hypothétique d’un fondateur algérois brillant techniquement, mais qui doit se battre trois semaines avec sa banque juste pour payer un serveur AWS. Cette friction invisible, quotidienne, est un coût de compétitivité majeur.
Les Causes Structurelles du Blocage
Pourquoi l’Algérie reste-t-elle invisible sur le radar du VC international ? L’analyse révèle plusieurs facteurs :
1. L’Isolement Financier : C’est le verrou principal. Sans convertibilité du dinar et sans fluidité des capitaux, aucun VC étranger ne prendra le risque. Pour un VC basé à Londres ou Dubaï, investir en Algérie signifie naviguer dans un labyrinthe réglementaire que peu sont prêts à affronter quand des alternatives plus simples existent (Égypte, Maroc).
2. L’Absence d’Écosystème VC Local : L’Algérie manque de fonds VC privés actifs gérés par des GPs indépendants. L’Algerian Startup Fund est un véhicule public, utile pour l’amorçage, mais insuffisant pour valider un marché aux yeux du monde.
3. Le Déficit de Track Record : Les investisseurs suivent des patterns. L’Algérie manque de ces « preuves de concept » (exits, Series A/B) qui rassurent les LPs internationaux.
Le Fossé Input-Outcome : Analyse Quantitative
| Pays | Startups Labellisées (approx.) | Equity 2025 | Ratio $/Startup |
|---|---|---|---|
| Égypte | ~800 | 358 M$ | 447 500 $ |
| Algérie | 2 300 | 8 M$ | 3 478 $ |
Note méthodologique importante : Le chiffre pour l’Algérie (~2 300) se base sur les labellisations officielles. Les chiffres pour l’Égypte sont des estimations de marché (startups actives levées de fonds), ce pays n’ayant pas de label d’État équivalent. Ce tableau sert à illustrer un ordre de grandeur, pas une équivalence stricte.
L’écart d’ordre de grandeur est de 1 à 128 entre l’Algérie et l’Égypte. Autrement dit : si l’Algérie performait au niveau égyptien par startup, elle devrait attirer 1 milliard $ d’equity, pas 8 millions.
Partie V : Comment l’Algérie Peut-Elle Remonter la Pente ?
Les Leviers Identifiés
Le diagnostic posé, quelles sont les solutions ? Voici les pistes d’action :
1. Ouvrir le Compte Capital : C’est le verrou principal. Créer un statut « Investisseur Qualifié » permettant des mouvements de capitaux plus fluides. Plusieurs marchés de la région ont mis en place des dispositifs d’ouverture ciblée pour attirer le capital international.
2. Stimuler le VC Privé : L’ASF est nécessaire mais pas suffisant. Il faut des fonds privés, gérés par des GPs expérimentés, avec une gouvernance indépendante de l’État. Ces fonds peuvent être abondés par l’ASF mais doivent opérer selon les standards internationaux du VC.
3. S’Intégrer aux Réseaux de la Diaspora : La Tunisie a réussi en jouant la carte de la proximité avec l’écosystème français. L’Algérie possède une diaspora tech massive en Europe — elle est totalement sous-exploitée comme pont vers le VC européen.
Note positive : l’agrément récent de plateformes de crowdfunding equity comme Yinvesti est un premier pas. Ce n’est pas une baguette magique, mais ça permet de financer l’amorçage localement.
Partie VI : Scénarios 2030 — Où Sera l’Algérie ?
Scénario 1 : Stagnation Prolongée (Probabilité : 50%)
Dans ce scénario, rien ne change fondamentalement. Le contrôle des changes reste strict. L’ASF continue d’opérer mais sans effet multiplicateur. L’écosystème produit quelques succès isolés mais aucun ne scale véritablement. L’Algérie reste dans le ventre mou du classement africain, dépassée par des pays plus petits mais plus ouverts.
Projection 2030 : 15-25 M$ d’equity annuel, 10-15 deals. Fuite continue des talents tech vers l’Europe et le Canada.
Scénario 2 : Décollage Progressif (Probabilité : 35%)
Dans ce scénario, l’Algérie opère des réformes graduelles. Le compte capital s’ouvre partiellement pour les investisseurs qualifiés. Un ou deux fonds VC privés émergent avec des GPs crédibles. Quelques startups algériennes réussissent des levées Series A auprès de fonds régionaux (égyptiens, émiratis). L’Algérie commence enfin à attirer l’attention des investisseurs internationaux.
Projection 2030 : 80-150 M$ d’equity annuel, 30-50 deals. L’Algérie se rapproche du Maroc.
Scénario 3 : Transformation Accélérée (Probabilité : 15%)
Dans ce scénario optimiste, l’Algérie opère un virage stratégique comparable au Rwanda ou aux Émirats. Libéralisation financière ciblée, création de zones franches tech, attraction agressive de talents et de capitaux. L’Algérie devient le hub nord-africain alternatif et un challenger direct de l’Égypte.
Projection 2030 : 200-400 M$ d’equity annuel, 60-100 deals. Installation de fonds VC internationaux à Alger.
Partie VII : L’angle mort de Partech — Ce que les chiffres ne disent pas
Pour être intellectuellement honnête, il faut comprendre les limites de l’exercice. Le rapport Partech, aussi brillant soit-il, comporte des angles morts structurels :
- Le Seuil des 200 000 $ : Partech ne compte pas les micro-levées (Pre-seed). Cela invisibilise une partie de l’agitation entrepreneuriale locale qui se finance par « Love Money ».
- L’Exclusion des Grants : Les subventions et concours (très fréquents en Algérie) ne sont pas comptabilisés. Ils ne sont pas du VC, mais ils maintiennent l’écosystème en vie.
- L’Opacité des Zones à Contrôle de Change : Dans les pays où le financement étranger est complexe, de nombreux deals peuvent rester « confidentiels » pour éviter l’attention réglementaire.
- Debt ≠ VC : Une partie de la croissance provient du financement par dette (souvent project finance). C’est un signe de maturité, mais ce n’est pas un indicateur direct de dynamisme VC early-stage pur.
Partie VIII : Analyse Sectorielle — Où Va l’Argent en Afrique ?
Fintech : Le Pilier Qui Vacille
Fintech reste le secteur dominant de l’écosystème africain (1,49 milliard $), mais les signaux d’essoufflement sont clairs (-12% YoY). La saturation des modèles de base (paiements, wallets) et le durcissement réglementaire expliquent ce recul. Les régulateurs imposent désormais des exigences de capital qui augmentent les coûts d’opération.
Cleantech : L’Étoile Montante
Si la fintech vacille, la cleantech explose (+99% YoY, 1,18 milliard $). C’est le seul secteur où la dette dépasse l’equity, grâce aux modèles basés sur des actifs physiques (panneaux solaires, mini-grids) qui servent de garantie pour les prêteurs. L’Afrique construit son infrastructure énergétique via ce canal.
Healthtech : Le Bond de 232%
Le secteur healthtech a connu la croissance la plus spectaculaire de 2025 (+232% YoY). L’effet post-COVID et le vieillissement progressif de la population créent un marché immense pour la digitalisation des soins (télémédecine, supply chain pharma). Pour l’Algérie, c’est une opportunité majeure vu son système de santé public surchargé.
Partie IX : Les Investisseurs — Qui Finance l’Afrique Tech ?
Un signal préoccupant : le nombre d’investisseurs actifs en equity a reculé de 7% YoY en 2025. Cela reflète une sélectivité accrue et la sortie des investisseurs « touristes ». Les institutions de développement (IFC, Proparco, BII) dominent le late-stage, fournissant le capital patient nécessaire. En early-stage, Y Combinator joue toujours son rôle de label de qualité indispensable.
L’Afrique face à l’IA : Le VC mondial a atteint environ 425 milliards $ en 2025 (+30% YoY), une croissance en grande partie portée par la déferlante de l’IA (captant près de 50% du total selon Crunchbase). L’Afrique construit différemment : l’opportunité ici réside dans l’IA appliquée (logistique, crédit scoring) plutôt que dans la course aux modèles fondationnels massifs.
FAQ : Les Questions Clés sur le VC Africain en 2025
Pourquoi le Kenya est-il passé devant l’Afrique du Sud en financement total ?
Grâce à la dette ! Le Kenya a attiré 498 M$ en dette (projets énergie, asset-heavy financing), soit le double de l’Égypte. En equity seul, l’Afrique du Sud reste leader.
Les pays francophones sont-ils réellement en train de rattraper les anglophones ?
Hors Top 4, oui : 68% du financement equity, 64% des deals. Mais cette performance est très concentrée sur le Sénégal grâce à un méga-deal.
Pourquoi l’Algérie ne profite-t-elle pas de la vague francophone ?
Hypothèse principale : contrôle des changes strict, absence de fonds VC privés, déficit de track record international. C’est un cercle vicieux qui nécessite un choc de confiance.
Le crowdfunding peut-il compenser l’absence de VC en Algérie ?
Non, le crowdfunding ne peut pas remplacer le VC à l’échelle macro. Mais il peut jouer un rôle de « mise en jambes » pour le early-stage et créer une culture de l’investissement en equity.
Conclusion : Le Temps des Choix
Le rapport Partech Africa 2025 raconte l’histoire d’un continent en mouvement, mais à plusieurs vitesses. Pour l’Algérie, le constat est brutal : on ne peut pas construire une Startup Nation avec des frontières financières fermées.
La question n’est plus de savoir si l’Algérie a du talent. La question est : a-t-elle le courage de laisser ce talent se financer librement ? Les 2 300 startups labellisées sont un réservoir de potentiel immense, mais sans oxygène financier, ce réservoir va s’évaporer vers Dubaï, Paris ou Montréal. Les données de 2030 apporteront la réponse.
Sources & Vérifications :
- Rapport Partech Africa 2025 (données pays, equity/debt, secteurs, méthodologie) : partechpartners.com
- Données macro (population/PIB) : Banque mondiale – World Development Indicators.
- Tendances mondiales VC 2025 & IA : Crunchbase News (Janvier 2026).

