TL;DR : La Series D n’est pas « une Série C plus grosse ». C’est l’antichambre de l’IPO—le moment où vous cessez d’être une startup pour devenir une future société cotée. Les montants oscillent entre 100 et 200 millions d’euros. Mais le capital n’est pas le sujet. Le vrai enjeu : la gouvernance. Selon les travaux de Wasserman (HBS), le remplacement du fondateur-CEO n’est pas rare à ce stade. Par « remplacement », on parle ici strictement du passage du fondateur hors du rôle de CEO (transition volontaire ou subie). Les impacts sur le contrôle (board, droits de vote) varient fortement selon la structure. Les mega-funds privilégient un CEO expérimenté pour préparer l’IPO. Ceux qui acceptent de partager le leadership survivent. Les autres se retrouvent souvent marginalisés.
- Le Funnel Startup : Une Sélection Brutale à Chaque Stade
- Series D et Licornes : Le Lien Mécanique
- Série C vs Series D : Le Changement de Régime
- Dynamique Fondateur-Board : Le Moment de Vérité
- Étude de Cas : Mistral AI, la Trajectoire Fulgurante
- Les Chemins de Sortie Post-Series D
- Playbooks d’Exécution Series D
- L’Avenir du Late-Stage (2026-2030) : Trois Scénarios
- Le Parcours Complet : Du Early-Stage à la Series D
- FAQ
- Qu’est-ce qu’une Series D ?
- Quel est le montant moyen d’une Series D ?
- Le fondateur reste-t-il CEO après une Series D ?
- Combien de temps entre Series D et IPO ?
- Quelle est la différence entre Series D et Pre-IPO ?
- Combien de licornes existent en France ?
- Ce Que Je Retiens
Un pattern fréquent décrit par la littérature : à l’approche du late-stage, certains investisseurs conditionnent leur entrée à un renforcement de l’équipe exécutive (CEO/COO/CFO). Dans certains cas, le fondateur bascule vers un rôle de Chairman ou Executive Chairman ; dans d’autres, la transition est subie lorsque la performance diverge du plan. Le board, renforcé par les mega-funds, prend progressivement la main sur les décisions stratégiques majeures—et notamment sur la question du leadership.
Ce pattern est documenté. Wasserman (HBS) a étudié 212 entrepreneurs et mis en lumière ce qu’il appelle le dilemme « Rich vs King » : maximiser la valeur ou garder le contrôle. Au stade Series D, cet arbitrage devient inévitable. Les mega-funds comme Sequoia, a16z ou Tiger Global investissent des centaines de millions. Ils privilégient une gouvernance compatible avec une introduction en bourse. Le fondateur visionnaire qui a tout construit n’est pas forcément le CEO opérationnel qu’ils recherchent pour les 18-36 derniers mois avant l’IPO.
Deux exemples récents dans l’écosystème français illustrent ce stade. Mistral AI a levé 1,7 milliard d’euros en Série C en septembre 2025, atteignant une valorisation de 11,7 milliards d’euros—la première décacorne française selon le communiqué officiel de Bpifrance. ASML, le géant néerlandais des semi-conducteurs, a injecté 1,3 milliard d’euros et obtenu un siège au conseil stratégique. Doctolib, valorisée entre 5,8 et 6,4 milliards d’euros, figure parmi les candidates potentielles à une IPO après plus de 900 millions d’euros levés au total—mais aucune date n’est officiellement confirmée.Méthodologie et périmètre
Données macro :CB Insights (unicorns globaux), PitchBook (late-stage trends), communiqués officiels.
Études académiques : Wasserman (HBS 2008), Ewens & Marx (2018).
Illustrations françaises : Mistral AI, Doctolib.
Définitions :
* Series D = round institutionnel de 100-200M€+ pour entreprises valorisées proche ou au-delà du milliard
* Pre-IPO = phase de 18-36 mois avant introduction en bourse
* Décacorne = startup valorisée plus de 10 milliards d’euros
* Remplacement du CEO = passage du fondateur hors du rôle de CEO (trois dimensions distinctes : poste de CEO, influence au board, droits de vote—qui ne sont pas mécaniquement liées)
Limite importante : les données sur les Series D sont rares car les négociations restent privées. Les informations présentées sont des tendances qualitatives basées sur la littérature disponible, pas des statistiques précises.
Le Funnel Startup : Une Sélection Brutale à Chaque Stade
Le parcours du financement startup, c’est comme gravir l’Everest sans oxygène. Chaque camp de base filtre. Chaque étape élimine. Et au sommet, il ne reste presque personne. L’analyse des dix années de financement pré-amorçage montre cette attrition impitoyable.
| Stade | Fréquence d’atteinte | Capital typique | Filtre principal |
|---|---|---|---|
| Love Money | Très fréquent | ~50-150K€ | Conviction personnelle |
| Pre-Seed | Fréquent | Variable selon géo | Équipe + vision |
| Seed | Moins fréquent | 1-3M€ (FR/EU) | Product-market fit |
| Série A | Rare | 10-30M€ | Traction + unit economics |
| Série B | Très rare | 20-50M€ | Scalabilité prouvée |
| Série C | Exceptionnel | 40-100M€ | Leadership marché |
| Series D / Pre-IPO | Ultra-rare | 100-200M€+ | IPO-readiness |
Note : cette table est une illustration pédagogique des étapes de financement. Les montants et la fréquence varient significativement selon la géographie (US vs Europe vs France), le secteur, et la période. Elle ne constitue pas une statistique précise.
Le paradoxe qui devrait vous interpeller : le passage Série C → Series D semble encore plus sélectif que les stades précédents. Pourquoi ? Parce que la Series D filtre pour le potentiel IPO. Toutes les entreprises Série C n’ont pas de chemin crédible vers la bourse. Les mega-funds ne financent que celles qui peuvent devenir des entreprises cotées de plusieurs milliards. Les autres restent en orbite basse, parfois pour toujours.
Series D et Licornes : Le Lien Mécanique
La Series D marque souvent le franchissement du seuil symbolique de la licorne (valorisation supérieure à 1 milliard de dollars) ou de la décacorne (plus de 10 milliards). C’est le moment où une startup entre dans les radars des investisseurs institutionnels et des marchés publics.
Selon les listes et définitions (CB Insights, Licorne Society), on retrouve souvent une fourchette de 25 à 30 licornes françaises. Le programme French Tech 2030 vise à accélérer cette dynamique.
Mistral AI illustre cette trajectoire. Fondée en avril 2023 par Arthur Mensch, Guillaume Lample et Timothée Lacroix (anciens de Meta et Google DeepMind), l’entreprise a atteint le statut de décacorne en moins de 2,5 ans. Selon Bpifrance, c’est la première décacorne de l’histoire de la French Tech. Une trajectoire qui reste l’exception absolue, pas la règle.
Série C vs Series D : Le Changement de Régime
La Series D, c’est comme passer de la Ligue 1 à la Ligue des Champions. Les règles changent. L’arbitrage devient plus sévère. Et votre star locale—le fondateur—risque de finir sur le banc. L’analyse des valorisations startup montre cette inflexion.
| Dimension | Série C | Series D / Pre-IPO |
|---|---|---|
| Montant typique | 40-100M€ | 100-200M€+ |
| Valorisation | 300-800M€ | 1-10+ milliards € |
| Métriques clés (SaaS) | ARR 5-20M€ | ARR 50-200M€+ |
| Investisseurs | Growth funds | Mega-funds (Sequoia, a16z, Tiger) |
| Horizon exit | 3-5 ans | 18-36 mois (IPO-ready) |
| Gouvernance | Board 5+ membres | Board « public company ready » |
| Rôle fondateur | CEO avec board renforcé | Question ouverte |
Note : les métriques varient selon les modèles d’affaires. ARR = SaaS. Pour les marketplaces, on regarde plutôt le GMV et le take rate. Pour la fintech, le revenu net et la contribution margin.
Le shift fondamental : en Série C, le fondateur dirige encore. En Series D, le board et les mega-funds posent LA question qui fâche : « Êtes-vous le bon CEO pour les 36 prochains mois et l’IPO ? » Souvent, la réponse n’est pas celle que le fondateur espère entendre.
Dynamique Fondateur-Board : Le Moment de Vérité
C’est ici que les choses deviennent personnelles. Un fondateur peut construire une entreprise pendant 6-8 ans, pour qu’au final, le board décide qu’il n’est plus la bonne personne pour la phase suivante. C’est une réalité documentée, même si elle reste difficile à quantifier précisément.
La littérature académique éclaire ce phénomène. Ewens & Marx (HBR 2018) montrent que le remplacement du fondateur-CEO n’est pas rare dans les startups financées par VC, et que le risque augmente avec la complexité organisationnelle. Au stade Series D, cette complexité atteint son paroxysme.Trajectoires possibles du fondateur au stade Series D
* Reste CEO jusqu’à l’IPO : fondateurs qui démontrent leur capacité à gérer la transition
* Transition vers Executive Chairman : le fondateur garde la vision et la représentation externe, un CEO opérationnel gère le quotidien
* Step down volontaire : le fondateur reconnaît ses limites et orchestre lui-même la transition
* Éviction par le board : le scénario le plus douloureux—le fondateur perd le rôle de CEO sans l’avoir choisi
Ces trajectoires ne sont pas mutuellement exclusives et dépendent du contexte, de la performance, et de la dynamique board-fondateur.
Pourquoi cette dynamique ? Les mega-funds le savent : le fondateur qui a brillé de 0 à 50M€ d’ARR n’est pas nécessairement celui qui peut gérer une organisation de 500+ personnes préparant une IPO. Les compétences sont différentes. Le tempérament aussi. Les mega-funds préfèrent souvent sécuriser la gouvernance avant l’IPO plutôt que risquer un échec de transition post-introduction.
Quand le fondateur garde le rôle de CEO
Structure dual-class (droits de vote multiples pour le fondateur)—rare en Europe mais courant aux États-Unis. Performance au-dessus du plan sur plusieurs trimestres consécutifs. Fondateur qui accepte proactivement un CEO professionnel ou COO opérationnel avant que le board ne l’impose—c’est paradoxal, mais céder un peu de pouvoir volontairement permet parfois d’en garder davantage.
Quand le fondateur perd le rôle de CEO
Performance sous le plan pendant plusieurs trimestres. Conflits répétés avec le board sur la stratégie d’IPO. Incapacité à recruter et retenir une équipe exécutive senior (CFO, COO, CRO calibre société cotée). Dans ces cas, la question n’est pas « si » mais « quand ».
Étude de Cas : Mistral AI, la Trajectoire Fulgurante
L’ascension de Mistral AI illustre les dynamiques du late-stage funding dans l’IA—et aussi certains facteurs qui peuvent protéger un fondateur. Voici la chronologie documentée :
| Date | Round | Montant | Valorisation | Lead investor |
|---|---|---|---|---|
| Juin 2023 | Seed | 105M€ | ~260M€ | Lightspeed |
| Déc 2023 | Série A | 385M€ | ~2 Md€ | Andreessen Horowitz |
| Juin 2024 | Série B | 600M€ | 5,8 Md€ | General Catalyst |
| Sept 2025 | Série C | 1,7 Md€ | 11,7 Md€ | ASML (1,3 Md€) |
Source : Communiqué Bpifrance, couverture presse.
Ce qui distingue Mistral AI : la vitesse d’exécution (de 0 à décacorne en 28 mois), le profil des fondateurs (anciens chercheurs Meta/Google DeepMind avec une crédibilité technique reconnue), et l’entrée d’un acteur industriel stratégique (ASML) plutôt qu’un pure-player VC. Arthur Mensch reste CEO—un cas qui s’explique probablement par plusieurs facteurs : dans l’IA fondamentale, la crédibilité technique du fondateur-chercheur est souvent un actif stratégique majeur ; le timing (marché en pleine effervescence) et la structure de gouvernance jouent aussi un rôle.
Les Chemins de Sortie Post-Series D
Une entreprise qui lève une Series D vise généralement un exit dans les 18-48 mois. L’analyse des IPO dans l’écosystème français détaille ces chemins.
| Chemin | Fréquence relative | Timeline | Implication fondateur |
|---|---|---|---|
| IPO | Objectif principal | 18-36 mois | Souvent Chairman post-IPO |
| Acquisition stratégique | Alternative fréquente | 2-3 ans | Reste 1-2 ans (earn-out) |
| Acquisition PE | En hausse | 3-5 ans | Souvent quitte |
| Secondaire/liquidité partielle | Minorité | 2-3 ans | Reste, moins de pression |
Source : tendances générales issues de la littérature late-stage.
Le cas Doctolib illustre la complexité de la trajectoire Pre-IPO. Valorisée entre 5,8 et 6,4 milliards d’euros, l’entreprise a atteint la rentabilité à l’automne 2025—condition souvent préalable pour une introduction en bourse. French Tech Finance Partners identifie près de 30 entreprises françaises candidates potentielles à une IPO. Mais « candidate potentielle » ne signifie pas « IPO confirmée »—le timing dépend des conditions de marché, de la performance, et de dizaines d’autres facteurs.
Playbooks d’Exécution Series D
Le capital Series D finance des stratégies spécifiques. Quoi qu’il en soit, la logique reste la même : préparer l’entreprise à devenir une société cotée. L’analyse des SaaS français acquis illustre ces patterns.
Expansion géographique massive. L’entreprise passe de 2-3 marchés à 5-10 marchés simultanément. Capital alloué : généralement 20-50M€ pour l’international. Mistral AI illustre cette stratégie avec ses partenariats internationaux (Microsoft Azure, ASML, TotalEnergies).
M&A de consolidation. Acquérir 2-5 entreprises pour dominer le marché. Capital alloué : 30-80M€ selon les cibles. L’objectif : éliminer la concurrence avant l’IPO et présenter un leader incontesté aux investisseurs publics.
Écosystème produit. Passer d’un produit unique à une plateforme de 5-10+ produits interconnectés. Capital alloué : 15-30M€ en R&D. Doctolib a investi 115 millions d’euros en R&D en 2024, notamment pour son Assistant IA de consultation.
Préparation à la conformité « public company ». Pour une IPO aux États-Unis, conformité SOX (Sarbanes-Oxley). Pour Euronext, les exigences sont différentes mais rigoureuses : audit Big 4, board professionnel avec administrateurs indépendants, équipe exécutive calibre société cotée (CFO, General Counsel, Chief People Officer). Capital alloué : 5-15M€ en frais de structuration.
L’Avenir du Late-Stage (2026-2030) : Trois Scénarios
L’analyse de l’Europe face aux géants de l’IA illustre les dynamiques à venir. Voici trois scénarios plausibles.
Scénario 1 : Concentration IA. Les mega-rounds Series D et Pre-IPO se concentrent sur l’IA. Mistral AI a levé 1,7 milliard d’euros. Anthropic (concurrent de ChatGPT) a levé plus de 10 milliards de dollars. Les startups non-IA pourraient avoir plus de difficultés à accéder au late-stage capital. Ce scénario semble déjà en cours.
Scénario 2 : Retour des IPO européennes. Après des années de sécheresse, les IPO tech européennes pourraient reprendre. Doctolib, Back Market, ManoMano sont candidates potentielles. Le marché Euronext retrouverait de l’attrait pour les tech. Les Series D se multiplieraient en anticipation. Probabilité : dépend fortement des taux d’intérêt et du contexte macro.
Scénario 3 : Consolidation par le PE. Les fonds de Private Equity (KKR, Blackstone, Permira) deviennent les principaux acquéreurs de startups late-stage. Les IPO restent rares. Les Series D financent des sorties vers le PE plutôt que vers la bourse. C’est moins glamour, mais c’est de la liquidité.
Déclencheur à surveiller : les taux d’intérêt de la BCE. Taux élevés → scénario 3 domine. Taux en baisse → scénarios 1 et 2 s’accélèrent.
Le Parcours Complet : Du Early-Stage à la Series D
La Series D est l’aboutissement d’un parcours de 60-84 mois. Chaque stade prépare le suivant. Et chaque erreur se paie—parfois des années plus tard.
Le Love Money détermine la fondation de votre cap table. Dans les cap tables mal structurées, la dilution totale au stade Series D peut dépasser largement les attentes du fondateur. Une structure bien pensée dès le départ permet de préserver une part plus significative.
Le Pre-Seed valide la trajectoire initiale. Le Seed accélère—et c’est là que la majorité des startups meurent. Le Pre-Series A est le bridge invisible—celui dont personne ne parle mais que beaucoup traversent. La Série A est la porte de jugement—la majorité sont filtrées. La Série B est le test de scaling. La Série C établit le leadership de marché.
Ce que la Series D exige en plus : un ARR significatif (pour le SaaS, souvent 50-200M€+), une organisation de plusieurs centaines de personnes, une gouvernance « public company ready », un CEO capable de gérer l’IPO process, et un board avec des administrateurs indépendants expérimentés. C’est beaucoup demander. C’est pour ça que si peu y arrivent.
FAQ
Qu’est-ce qu’une Series D ?
La Series D est un round de financement late-stage, généralement compris entre 100M€ et 200M€+. C’est souvent la dernière étape avant une IPO ou un exit stratégique. Les entreprises à ce stade sont généralement valorisées au-delà du milliard d’euros.
Quel est le montant moyen d’une Series D ?
Entre 100M€ et 200M€ selon le secteur et la géographie. Les mega-rounds IA peuvent dépasser ces montants considérablement : Mistral AI a levé 1,7 milliard d’euros en 2025.
Le fondateur reste-t-il CEO après une Series D ?
La littérature académique (Wasserman, Ewens & Marx) montre que le remplacement du fondateur-CEO n’est pas rare à ce stade. Les mega-funds privilégient souvent une gouvernance compatible avec une IPO. Ceux qui acceptent proactivement de partager le leadership (Executive Chairman + CEO opérationnel) ont plus de chances de rester impliqués dans la durée.
Combien de temps entre Series D et IPO ?
Typiquement 18-36 mois. La Series D finance la dernière phase de croissance et la préparation de l’introduction en bourse (audits, conformité, roadshow).
Quelle est la différence entre Series D et Pre-IPO ?
Les termes sont souvent utilisés de manière interchangeable. La Series D est le round institutionnel. Le Pre-IPO désigne la phase de préparation (18-36 mois avant l’introduction). Une entreprise peut lever plusieurs rounds Pre-IPO (Series D, E, F) avant son introduction.
Combien de licornes existent en France ?
Selon les listes et définitions, on retrouve souvent une fourchette de 25 à 30 licornes françaises. C’est le troisième écosystème européen après le Royaume-Uni. Le programme French Tech 2030 vise à accélérer cette dynamique.
Ce Que Je Retiens
La Series D n’est pas « Series C++ ». C’est une transformation complète. Atteindre ce stade signifie entrer dans le club le plus exclusif de l’entrepreneuriat—les futures sociétés cotées.
Mais le capital n’est pas le sujet principal. Le vrai défi est organisationnel et psychologique. La littérature académique montre que le remplacement du fondateur-CEO n’est pas rare à ce stade. Les mega-funds privilégient un CEO expérimenté pour préparer l’IPO. Le fondateur visionnaire qui a créé l’entreprise n’est pas toujours celui qui peut la mener jusqu’à l’introduction en bourse.
Wasserman (HBR) résume ce dilemme : « Rich vs King ». Vous pouvez maximiser la valeur (et céder le rôle de CEO). Ou vous pouvez garder le rôle de CEO (et potentiellement limiter la valeur). Au stade Series D, cet arbitrage devient inévitable. Et il n’y a pas de bonne réponse universelle—seulement la bonne réponse pour chaque fondateur selon son contexte.
Si j’étais fondateur approchant une Series D, j’initierais la conversation sur le partage du leadership avant que le board ne me l’impose. Proposer un CEO professionnel ou un COO opérationnel de ma propre initiative pourrait démontrer une maturité que les mega-funds recherchent. Le rôle d’Executive Chairman (vision, stratégie, communication externe) permettrait de rester impliqué pendant que le nouveau CEO gère les opérations. Ceux qui embrassent ce partage du leadership tôt ont probablement de meilleures chances de traverser la Series D et d’atteindre l’IPO avec leur dignité—et une partie significative de leur equity—intactes.
Ceux qui résistent finissent parfois par perdre davantage. C’est peut-être la leçon la plus importante du late-stage : céder un peu de pouvoir peut être la meilleure façon d’en garder.
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