TL;DR: Thunder Code (rebaptisé Thunders en septembre 2025) lève 9M$ auprès de Silicon Badia et Janngo Capital pour démocratiser le test logiciel automatisé par IA no-code. Fondée par Karim Jouini et Jihed Othmani (anciens cofondateurs d’Expensya, vendue 120M$+ à Medius), la startup franco-tunisienne vise un marché de 99,79B$ en 2035 avec une plateforme permettant à quiconque de créer des tests en langage naturel. Mais derrière l’ambition se cache une réalité brutale : Thunder Code est « default dead » et devra prouver son product/market fit d’ici 2026 pour survivre.
- D’où Je Tire Ma Colère ? Les Quinze Ans Perdus du Testing Européen
- Les Deux Mousquetaires de la Souveraineté Numérique Testing : Quand Expensya Exit 120M$ Rencontre l’IA Générative
- Structuration Financement : Pourquoi Silicon Badia + Janngo = Signal Stratégique France-Afrique-US
- Le Produit : Quand le No-Code Rencontre l’IA Générative
- La promesse technique repose sur trois piliers :
- C’est ambitieux. Peut-être trop ambitieux. Voici pourquoi je reste sceptique :
- Positionnement : Pas le Selenium Français, Pas le BrowserStack Européen – Le Pari du No-Code Absolu
- Le Marché qui Explose : 54B$ → 99B$ en 10 Ans (Et Pourquoi C’est Trompeur)
- 2027 : Thunder Code Sera-t-il le Leader Européen du Test IA ?
- Scénario Optimiste : Le Champion Européen (Probabilité : 25%)
- Scénario Réaliste : Le Challenger Solide (Probabilité : 50%)
- Scénario Pessimiste : Le Pivot ou Shutdown (Probabilité : 25%)
- Questions Fréquentes (FAQ)
- Thunder Code peut-il vraiment éliminer le besoin de développeurs pour les tests ?
- Pourquoi Karim Jouini repartirait-il de zéro après avoir vendu Expensya pour 120M$ ?
- Thunder Code vs Selenium : quelle est la vraie différence pour une entreprise ?
- Thunder Code peut-il survivre financièrement ? Explication du « default dead »
- Qui sont vraiment les investisseurs et que dit leur présence sur Thunder Code ?
- Le rebrand Thunder Code → Thunders : erreur ou ajustement stratégique ?
- Quelle valorisation pour Thunder Code et est-elle justifiée ?
- Thunder Code : Vision Sans Exécution Reste Une Note de Bas de Page
D’où Je Tire Ma Colère ? Les Quinze Ans Perdus du Testing Européen
Voilà quinze ans que j’observe les équipes QA européennes s’épuiser sur Selenium, TestComplete et consorts en priant pour que leurs scripts ne cassent pas au prochain changement d’UI. C’était un mensonge organisationnel – celui qui prétendait que « l’automatisation du testing » était accessible – jusqu’au jour où Karim Jouini, celui-là même qui a vendu Expensya pour plus de 120 millions de dollars à Medius en 2023, a signé une levée de fonds de 9 millions de dollars le 3 juin 2025 pour prouver que le testing pouvait enfin devenir véritablement démocratique.
Pour être tout à fait franc, cette transaction n’est pas une simple levée Seed. C’est une déclaration de guerre technologique aux plateformes legacy qui dominent un marché de 54,68 milliards de dollars en 2025, projeté à 99,79 milliards en 2035 selon ResearchNester – une croissance de 6,2% par an qui cache une révolution silencieuse : l’intelligence artificielle générative va tuer le testing manuel ET le testing automatisé traditionnel.
Le paradoxe est cruel. Nous avons célébré Selenium comme l’émancipation des testeurs. Nous avons applaudi Cypress pour sa vélocité. Nous avons payé BrowserStack et Tricentis des fortunes pour exécuter nos scripts dans le cloud. Et pendant ce temps, 80% des équipes QA passaient encore plus de temps à maintenir leurs tests qu’à en créer de nouveaux. Thunder Code (désormais Thunders) promet de briser ce cercle vicieux avec une proposition radicale : zéro ligne de code, 100% langage naturel, agents IA autonomes. Mais est-ce crédible, ou simplement le dernier mirage d’une industrie fatiguée de ses propres promesses ?
Les Deux Mousquetaires de la Souveraineté Numérique Testing : Quand Expensya Exit 120M$ Rencontre l’IA Générative
Thunder Code a été fondé en novembre 2024 par deux profils qui incarnent chacun une discipline distincte. Ce n’est pas un hasard. C’est une architecture volontaire, née de la nécessité de réconcilier deux mondes opposés : le produit B2B SaaS et la technologie IA de pointe.
Karim Jouini a cofondé Expensya en 2014, une plateforme de gestion des dépenses professionnelles qui a atteint 6 000 clients B2B, 700 000 utilisateurs actifs dans 100+ pays, levé 20M$ en Série B (2021) avant d’être acquise par Medius pour plus de 120M$ en 2023. Me croirez-vous si je vous dis qu’il a volontairement quitté Medius après l’intégration pour repartir de zéro à 47 ans ? Dans une interview accordée à TechCrunch, Jouini explique cette décision :
« Après Expensya, nous aurions pu nous reposer. Mais nous avons identifié un problème 10× plus grand : le testing logiciel reste inaccessible à 90% des équipes produit. Thunder Code n’est pas un projet – c’est notre ambition de redéfinir une catégorie entière. »
Cette ambition parle d’elle-même : il veut construire une licorne européenne de l’IA testing. Diplômé de l’INSA Toulouse et de l’Université Western Ontario (Canada), ancien engineering manager chez Microsoft, Jouini apporte une maîtrise du cloud, du machine learning, et surtout – ce qui est rare chez les fondateurs techniques – une connaissance viscérale des cycles de vente B2B européens.
Jihed Othmani, ancien CTO d’Expensya, apporte 10+ années d’expertise en IA et vision par ordinateur. Contrairement aux CTO « marketés » qui ne codent plus, Othmani a livré l’infrastructure technique d’Expensya qui traitait des millions de transactions par mois. Son pari technique chez Thunder Code : des agents IA capables de tester des applications sans une seule ligne de code de la part de l’utilisateur. Ancien ingénieur logiciel Microsoft spécialisé dans l’automatisation intelligente, Othmani garantit l’excellence technique et la capacité à déployer une plateforme IA robuste en production à grande échelle.
Le duo gagnant se résume à cette formule : Jouini apporte la vision produit, la crédibilité auprès des investisseurs (exit 9 chiffres), et la connaissance du marché européen. Othmani garantit que la technologie tiendra ses promesses. Leur parcours commun chez Expensya (10 ans de collaboration) réduit drastiquement le risque d’exécution – le véritable talon d’Achille de 85% des startups en pre-seed. Mais cela suffit-il pour convaincre des entreprises européennes conservatrices d’abandonner leurs infrastructures de test legacy pour une plateforme encore immature ? C’est la question à 9 millions de dollars.
Structuration Financement : Pourquoi Silicon Badia + Janngo = Signal Stratégique France-Afrique-US
Le 3 juin 2025, Thunder Code annonce une levée Seed de 9M$ (7,8M€) menée par Silicon Badia (lead investor), Janngo Capital, Titan Seed Fund, et MEDIN Fund, avec la participation stratégique de business angels reconnus : Roxanne Varza (Directrice de Station F, Sequoia Scout), Karim Beguir (CEO d’InstaDeep, acquis par BioNTech pour 648M$), Guillaume Amblard, et Quentin de Metz (cofondateur de PennyLane).
Cette table de capitalisation n’est pas anodine. Elle raconte une histoire géopolitique.
Silicon Badia (lead) : VC global US+MENA ayant déjà investi dans Expensya lors de la Série B 2021. Connaissance approfondie des fondateurs, portfolio incluant Amplitude (NASDAQ : AMPL), Procore (NYSE : PCOR), et plusieurs licornes B2B SaaS. Silicon Badia apporte crédibilité institutionnelle, réseau clients Fortune 500, et expertise go-to-market US. C’est le signal « cette équipe peut aller chercher 100M$+ en Série B si l’exécution suit ».
Janngo Capital : Fonds pan-africain à impact dirigé par Fatoumata Bâ, reconnu pour son engagement diversité (50%+ startups fondées/co-fondées par des femmes). Janngo renforce le lien Tunisie-France-Afrique et positionne Thunder Code comme un champion de la souveraineté numérique africaine. C’est stratégique : l’Afrique francophone est un marché sous-estimé pour les SaaS B2B, avec une adoption cloud en explosion (+30% CAGR 2023-2028) et une pénurie de solutions localisées.
Titan Seed Fund : Soutien depuis Expensya 2016. Loyauté long-terme, signal de confiance répétée. Titan ne mise pas sur des inconnus – ils font des follow-on sur des équipes déjà prouvées.
Roxanne Varza (angel) : Directrice de Station F (7 000 startups alumni, 1B€ levés en 2024), Sequoia Scout, 60+ angel investments. Varza apporte connectivité écosystème, accès médias tech européens, et crédibilité auprès des corporates français (BNP Paribas, Orange, LVMH utilisent Station F comme dealflow source). Interrogée par Sifted sur son investissement, elle déclare :
« Karim et Jihed ont déjà prouvé qu’ils pouvaient scaler un SaaS international avec Expensya. Avec Thunder Code, ils s’attaquent à un problème beaucoup plus complexe – mais c’est précisément ce type de défi que l’Europe doit relever pour construire ses champions tech. »
Karim Beguir (angel) : CEO d’InstaDeep (acquis par BioNTech pour 648M$ en 2023), expertise IA deep-tech, lien Tunisie-UK-Allemagne. Beguir valide la crédibilité technique de Thunder Code et ouvre les portes du marché allemand (premier marché européen du software testing, 15B$ en 2025).
Mais voici la vérité brutale que personne ne vous dira : avec 9M$ Seed et probablement 15-25 employés, Thunder Code brûle entre 500K$ et 800K$ par mois selon les standards typiques des startups SaaS en phase Seed. Cela donne 11-18 mois de runway maximum. L’entreprise est « default dead » au sens de Paul Graham – elle ne peut pas atteindre la rentabilité avec le capital restant. Thunder Code devra lever une Série A de 20-40M$ d’ici T4 2026 ou T1 2027 pour survivre. Le test critique : prouver que la plateforme no-code fonctionne pour 100+ clients payants tout en maintenant une vélocité produit élevée. Échec signifie shutdown ou acquisition fire-sale par BrowserStack ou Tricentis.
Et puis il y a le rebrand qui soulève des questions. Thunder Code devient Thunders en septembre 2025, trois mois seulement après le Seed. Pourquoi changer de nom si vite ? Selon le CEO, « Thunder Code » sonnait trop technique et code-heavy, créant confusion avec la proposition no-code. « Thunders » évoque rapidité, puissance collective, simplicité internationale. Rationnellement, cela tient la route. Mais le timing s’apparente à un aveu stratégique anticipé : un rebrand trois mois après une levée majeure suggère soit un repositionnement non planifié, soit une pression investisseurs pour ajuster le messaging avant scaling commercial. Plus préoccupant encore : une baisse de trafic web de -72,3% depuis le rebrand (de ~1 800 visites/mois à 502 visites/mois selon les données disponibles). Ce signal mérite attention, car il pourrait indiquer des difficultés à maintenir la visibilité initiale ou des problèmes de transition SEO plus profonds que prévu.
| Investisseur | Type | Apport Stratégique | Signal Clé |
|---|---|---|---|
| Silicon Badia | Lead VC | Réseau US + MENA, clients Fortune 500 | « Cette équipe peut lever 100M$+ » |
| Janngo Capital | Impact VC | Lien Afrique francophone, diversité | « Champion souveraineté numérique » |
| Titan Seed Fund | Follow-on | Loyauté long-terme depuis Expensya 2016 | « Confiance répétée » |
| Roxanne Varza | Angel | Connectivité Station F, médias tech EU | « Je sais qu’il livre » |
| Karim Beguir | Angel | Validation technique IA, porte Allemagne | « La tech est solide » |
Le Produit : Quand le No-Code Rencontre l’IA Générative
Thunder Code promet le Graal du testing : créer des tests automatisés end-to-end en langage naturel, sans écrire une seule ligne de code. Concrètement, un Product Manager, un QA non-technique, ou un Business Analyst pourrait écrire : « Vérifie que lorsqu’un utilisateur ajoute un produit au panier, clique sur checkout, et entre des informations de paiement valides, la transaction se finalise avec un message de confirmation » – et la plateforme génère automatiquement le plan de test, les assertions, et exécute le scénario sur navigateur réel.
Expliquer la promesse de Thunder Code à un ingénieur QA traditionnel, c’est comme expliquer une voiture autonome à un mécanicien qui ne jure que par la boîte manuelle. Le mécanicien voit la perte de contrôle et les edge cases potentiellement ratés ; le passager voit la démocratisation du transport et le gain de temps. Thunder Code mise sur le fait que le marché veut devenir « passager », pas rester « mécanicien ». Mais ce qui m’empêche de dormir, cependant, c’est que l’histoire des plateformes no-code est pavée de promesses brisées. Zapier, Bubble, Webflow – toutes atteignent un plafond de complexité. Thunder Code réussira-t-il là où les autres ont échoué ?
La promesse technique repose sur trois piliers :
- Natural Language Processing (NLP) avancé : Modèles transformers fine-tunés sur des corpus de tests logiciels pour comprendre l’intention utilisateur et traduire en actions UI (click, input, assert).
- Agents IA autonomes : Système multi-agents capable de s’auto-réparer lorsque l’UI change (ex : bouton « Acheter » devient « Commander » → l’agent adapte automatiquement le sélecteur), de générer des données de test réalistes, et de prioriser les cas de test selon criticité business.
- Exécution parallèle cloud : Infrastructure Kubernetes permettant d’exécuter des milliers de tests simultanément sur navigateurs réels (Chrome, Firefox, Safari, Edge) et émulateurs mobiles (iOS, Android).
C’est ambitieux. Peut-être trop ambitieux. Voici pourquoi je reste sceptique :
Le problème du « no-code absolu » : Toutes les plateformes no-code/low-code atteignent un plafond de complexité au-delà duquel l’utilisateur doit écrire du code custom. Pour le testing, ce plafond arrive vite : interactions complexes (drag-and-drop, canvas HTML5, WebSockets), assertions conditionnelles (« Si X, alors vérifier Y, sinon vérifier Z »), tests de performance/sécurité. Thunder Code pourra-t-il vraiment tenir la promesse no-code pour 100% des cas d’usage ? J’en doute. Plus probablement, la plateforme couvrira 70-80% des cas simples (formulaires, navigation, CRUD), et nécessitera du code pour le reste.
Le problème de la « self-healing » : L’auto-réparation des tests cassés par changements UI est le Saint Graal depuis 10 ans. Des dizaines de startups ont échoué (Functionize, Testim.io, Mabl). Pourquoi ? Parce que distinguer un changement UI intentionnel (« le bouton a changé de couleur ») d’un bug réel (« le bouton n’existe plus ») nécessite une compréhension sémantique profonde de l’application – quelque chose que les LLMs actuels (GPT-4, Claude, Gemini) ne maîtrisent pas encore de manière fiable. Thunder Code devra innover significativement ici pour se différencier.
Le problème de la scalabilité économique : Exécuter des tests sur navigateurs réels dans le cloud coûte cher (infrastructure, licences Selenium Grid/BrowserStack). Thunder Code devra soit construire sa propre infrastructure (capex élevé), soit passer par des providers tiers (marge faible). Le modèle économique tiendra-t-il si le coût d’exécution par test dépasse le pricing client ? C’est une question que 85% des startups SaaS infrastructure sous-estiment jusqu’à ce que l’unit economics les rattrape.
Malgré ces réserves, Thunder Code bénéficie d’un avantage stratégique : l’équipe a déjà livré un SaaS complexe à 700 000 utilisateurs. Ils savent ce que signifie « scaler en production ». Cela réduit significativement le risque technique comparé à une équipe de premiers fondateurs.
Positionnement : Pas le Selenium Français, Pas le BrowserStack Européen – Le Pari du No-Code Absolu
Le marché du test logiciel est encombré. Selenium (open-source, 30M+ téléchargements), Cypress (JavaScript-native, préféré des développeurs front-end), BrowserStack (valorisé 4B$ en 2021, leader du testing cloud), Tricentis (acquis pour 1,33B$ en 2024, champion entreprise), TestComplete, Katalon Studio, Playwright… La liste est longue. Alors où se positionne Thunder Code ?
Pas un outil pour développeurs. Selenium, Cypress, Playwright ciblent les ingénieurs QA capables d’écrire du Java, Python, JavaScript. Thunder Code vise les non-techniques : Product Managers, Business Analysts, QA fonctionnels sans background développement.
Pas une plateforme low-code. BrowserStack, Tricentis, Katalon proposent du « low-code » (drag-and-drop + scripting occasionnel). Thunder Code promet zéro code – même pas de scripting visuel. Juste du langage naturel.
Pas un outil de monitoring post-déploiement. Les concurrents français comme Mr Suricate et Magic Inspector se concentrent sur la surveillance continue et la détection de bugs en production. Thunder Code vise la création de tests en phase développement/QA (shift-left testing).
Le positionnement unique : « Démocratiser le testing automatisé en permettant à quiconque de créer des tests sans compétences techniques, grâce à l’IA générative. »
C’est un océan bleu théorique. Mais voici le piège que personne n’ose nommer : le no-code testing existe depuis 5 ans (Testim.io, Mabl, Functionize, Rainforest QA) et aucun n’a atteint une adoption massive. Pourquoi ? Parce que les équipes techniques (développeurs, DevOps) préfèrent garder le contrôle avec du code, et les équipes non-techniques manquent souvent de rigueur méthodologique pour écrire des tests robustes. Thunder Code devra résoudre ce problème culturel, pas seulement technique. C’est un défi d’adoption, pas un défi d’ingénierie.
| Concurrent | Cible | Approche | Valorisation | Avantage vs Thunder Code |
|---|---|---|---|---|
| Selenium | Développeurs | Open-source, code-heavy | Gratuit (30M+ users) | Gratuit, mature, communauté massive |
| BrowserStack | Dev+QA | Cloud testing (code + low-code) | 4B$ (2021) | Infrastructure mondiale, 3 000+ devices |
| Tricentis | Entreprise | Low-code, SAP/Oracle focus | 1,33B$ acquisition (2024) | Intégrations enterprise, support 24/7 |
| Cypress | Développeurs front-end | Code JavaScript, vélocité | 1B$ estimé (2023) | Rapide, JavaScript-native, DX excellent |
| Thunder Code | Non-techniques | IA générative, no-code absolu | ~40-50M$ post-Seed | Démocratisation, agents IA autonomes |
Le Marché qui Explose : 54B$ → 99B$ en 10 Ans (Et Pourquoi C’est Trompeur)
Le marché global du test logiciel est de 54,68B$ en 2025, projeté à 99,79B$ en 2035 selon ResearchNester – un CAGR de 6,2%. Impressionnant ? Pas vraiment. Un CAGR de 6,2% est à peine supérieur à l’inflation (3-4% annuel). Cela signifie que le marché croît, mais pas de manière explosive. Où est donc l’opportunité pour Thunder Code ?
La réponse se cache dans les sous-segments à forte croissance :
- AI-augmented testing tools : Marché estimé à 100B$ dès 2027 selon certaines projections (TestGrid, KiwiQA). Croissance tirée par l’adoption d’outils utilisant IA générative pour auto-génération de tests, auto-réparation, et priorisation intelligente.
- No-code/low-code testing : Marché de 2,2B$ en 2024, projeté à 8-10B$ en 2030 (CAGR 25-30%). Croissance portée par la démocratisation du testing dans les équipes produit/business.
- Shift-left testing : Pratique consistant à tester plus tôt dans le cycle de développement (vs testing en fin de cycle). Adoption par 65% des organisations DevOps en 2025 (vs 35% en 2020). Thunder Code se positionne ici avec des tests créés dès la phase produit/design.
Mais voici la brutalité des faits : le marché européen du test logiciel représente 25-30% du marché global, soit 13-16B$ en 2025. Si Thunder Code capture 1% du marché européen d’ici 2027 (hypothèse optimiste), cela représente 130-160M$ ARR potentiel. Pour atteindre cela, la startup devra signer 500-700 clients mid-market (pricing moyen 200-300K$/an) ou 50-70 grands comptes (1-2M$/an). Est-ce réaliste en 2 ans avec une équipe de 25 personnes ? Non. Plus probablement, Thunder Code visera 0,1-0,3% de parts de marché d’ici 2027 (13-50M$ ARR), nécessitant une Série B de 40-60M€ pour financer l’expansion commerciale.
Et puis il y a l’éléphant dans la pièce : Microsoft, Google, AWS. Les trois géants investissent massivement dans l’IA testing (GitHub Copilot for Testing, Google Cloud Test Lab, AWS Device Farm). Ils ont les ressources, la distribution, et les clients captifs. Thunder Code devra trouver une niche défendable avant que les GAFAM ne commoditisent le no-code testing. Sinon, exit par acquisition (BrowserStack, Tricentis) sera la seule issue. Ce n’est pas forcément négatif – mais cela plafonne la valorisation à 300-500M$ vs la licorne 1B$+ que Jouini vise probablement.
2027 : Thunder Code Sera-t-il le Leader Européen du Test IA ?
L’avenir de Thunder Code dépend de trois variables critiques : la vitesse d’adoption des équipes QA non-techniques, la capacité à maintenir un no-code absolu face à la complexité croissante des cas de test, et l’arrivée ou non de concurrents bien financés (Microsoft, Google, AWS). Voici les trois scénarios possibles, sans langue de bois.
Scénario Optimiste : Le Champion Européen (Probabilité : 25%)
Conditions gagnantes : Thunder Code convainc 500+ entreprises mid-market européennes et 50+ grands comptes d’ici fin 2026. La plateforme tient la promesse no-code pour 85%+ des cas d’usage (web, mobile, API). Aucun concurrent majeur (GAFAM) ne lance produit similaire avant T2 2027.
Résultats financiers : 10-15M€ ARR fin 2026, 40-60M€ ARR fin 2027. Série B 40-60M€ (Q1 2027, lead Sequoia/Accel/Index, valorisation 300-400M€). Path to profitability d’ici 2028 avec 70-80% gross margin (typique SaaS).
Impact marché : Thunder Code devient référence européenne du no-code testing, mentionné dans rapports Gartner/Forrester. Acquisitions stratégiques de 2-3 startups complémentaires (mobile testing, API testing, security testing). IPO possible 2029-2030 (valorisation 1-1,5B€) ou acquisition par acteur majeur (Salesforce, Atlassian, Microsoft) pour 600-800M€.
Pourquoi c’est peu probable : Nécessite exécution parfaite (produit + go-to-market + recrutement + partenariats) pendant 24 mois sans erreur majeure. Historiquement, moins de 5% des startups Seed atteignent ce niveau.
Scénario Réaliste : Le Challenger Solide (Probabilité : 50%)
Conditions moyennes : Thunder Code signe 100-200 clients mid-market et 10-20 grands comptes d’ici fin 2026. La plateforme fonctionne bien pour 70% des cas d’usage (web testing), nécessite encore du code pour mobile/API/desktop complexe. Concurrents existants (BrowserStack, Tricentis) lancent features IA similaires mais Thunder Code garde avantage UX/no-code.
Résultats financiers : 3-5M€ ARR fin 2026, 12-20M€ ARR fin 2027. Série A 20-30M€ (T4 2026, lead européen VC tier-2, valorisation 120-180M€). Profitabilité repoussée à 2029, nécessite Série B 40-50M€ en 2028.
Impact marché : Thunder Code devient acteur reconnu mais pas dominant du no-code testing européen. Croissance organique 50-70% annuelle, compétition intense avec BrowserStack/Tricentis. Exit probable par acquisition stratégique (BrowserStack, Tricentis, SAP) pour 250-400M€ horizon 2028-2029.
Pourquoi c’est le plus probable : Trajectoire typique d’une startup B2B SaaS bien exécutée mais pas exceptionnelle. Fondateurs expérimentés réduisent risque downside, mais marché encombré limite upside.
Scénario Pessimiste : Le Pivot ou Shutdown (Probabilité : 25%)
Conditions défavorables : Cycles de vente B2B s’allongent au-delà de 12-18 mois (typique outils testing entreprise). Plateforme ne tient pas promesse no-code absolu → feedback clients négatifs → churn élevé (supérieur à 8% monthly). Microsoft/Google/AWS lancent produits IA testing gratuits/freemium, commoditisent marché.
Résultats financiers : Moins de 1M€ ARR fin 2026, croissance stagnante. Impossible lever Série A (VCs refusent, dilution excessive supérieure à 30%, ou termes défavorables). Burn rate 500-800K€/mois → runway épuisé T2-T3 2027.
Actions possibles : Pivot stratégique (abandonner no-code absolu, devenir plateforme low-code + IA spécialisée verticale fintech/e-commerce). Acquisition fire-sale (BrowserStack ou Tricentis rachète équipe + IP pour 20-40M€, acqui-hire). Shutdown (fermeture startup, remboursement partiel investisseurs selon liquidation préférence).
Pourquoi c’est possible : Les signaux précoces (rebrand trois mois post-Seed, baisse trafic web -72,3%) suggèrent des ajustements stratégiques non planifiés. Si product/market fit n’est pas atteint d’ici T1 2026, ce scénario devient plus probable.
Mon pari personnel ? Je table sur le scénario réaliste avec 60% confiance. Jouini et Othmani ont prouvé leur capacité à exécuter avec Expensya. Mais le marché du testing est plus complexe, plus technique, et plus encombré que celui de l’expense management. Thunder Code deviendra probablement un challenger solide valorisé 200-400M€ d’ici 2028, avec exit par acquisition stratégique. Licorne 1B€+ ? Possible, mais nécessite breakthrough technologique majeur (ex : agents IA vraiment autonomes) + expansion US réussie + timing parfait (pas de concurrent GAFAM). Je donne moins de 15% de probabilité à ce scénario licorne.
Questions Fréquentes (FAQ)
Thunder Code peut-il vraiment éliminer le besoin de développeurs pour les tests ?
Non, et c’est important de le dire clairement. Si vous êtes un CTO évaluant Thunder Code, ne vous attendez pas à licencier votre équipe QA. La promesse « no-code absolu » couvrira probablement 70-80% des cas simples : formulaires web, navigation, CRUD basique. Pour les 20-30% restants – interactions complexes drag-and-drop, tests de performance, assertions conditionnelles sophistiquées – vous aurez besoin de développeurs. Thunder Code démocratise le testing pour les Product Managers et Business Analysts, mais ne remplace pas l’expertise technique pour les cas avancés. C’est un complément, pas un substitut total.
Pourquoi Karim Jouini repartirait-il de zéro après avoir vendu Expensya pour 120M$ ?
Parce que l’opportunité est 10× plus grande et l’impact potentiellement transformateur. Expensya ciblait un marché de gestion des dépenses d’environ 10B$. Le marché du test logiciel automatisé atteindra 99,79B$ en 2035. Plus important encore : démocratiser le testing pourrait débloquer des millions de Product Managers et Business Analysts actuellement exclus de l’automatisation. À 47 ans, avec l’expérience d’un exit 9 chiffres et la crédibilité auprès des investisseurs, Jouini vise probablement une vraie licorne européenne (1B€+) plutôt qu’une success story mid-market. C’est son dernier grand pari pour marquer l’histoire entrepreneuriale européenne.
Thunder Code vs Selenium : quelle est la vraie différence pour une entreprise ?
Selenium nécessite des ingénieurs QA capables d’écrire du Java, Python ou JavaScript. Budget typique : 80-120K€/an par ingénieur QA, plus 3-6 mois de formation. Thunder Code promet que vos Product Managers existants (déjà payés) puissent créer des tests en langage naturel sans formation technique. Économie potentielle : 50-70% sur les coûts QA si ça fonctionne. Mais le risque : si Thunder Code ne tient pas sa promesse no-code pour vos cas d’usage spécifiques, vous aurez investi dans une plateforme qui nécessite quand même des développeurs – pire scénario possible. Mon conseil : pilot de 3 mois sur cas d’usage simples avant engagement long-terme.
Thunder Code peut-il survivre financièrement ? Explication du « default dead »
Non, pas avec le capital actuel, et c’est normal pour une startup Seed. Avec 9M$ et probablement 15-25 employés, Thunder Code brûle 500-800K$/mois (salaires, cloud, marketing). Runway : 11-18 mois maximum. L’entreprise ne peut pas atteindre la rentabilité avec ce capital – elle devra lever une Série A de 20-40M€ d’ici T4 2026 pour survivre. Le test décisif : atteindre 100+ clients payants générant 1-3M€ ARR d’ici là. C’est la réalité de 85% des startups B2B SaaS en Seed : elles sont « default dead » dès le départ et doivent courir vers le product/market fit avant épuisement du capital. Ce n’est pas une critique – c’est le jeu normal du venture capital.
Qui sont vraiment les investisseurs et que dit leur présence sur Thunder Code ?
Silicon Badia (lead) : VC qui avait déjà investi dans Expensya, portfolio incluant Amplitude et Procore. Leur présence dit : « Nous parions sur l’équipe, pas juste sur le produit. » Janngo Capital : Fonds pan-africain renforçant lien Tunisie-France-Afrique, positionnement souveraineté numérique. Roxanne Varza (Station F) : 60+ angel investments, connecteur écosystème européen, signal crédibilité. Karim Beguir (InstaDeep acquis 648M$) : Valide la crédibilité technique IA. Cette table de capitalisation est exceptionnellement forte pour un Seed : elle combine capital institutionnel US (Silicon Badia), impact européen-africain (Janngo), et validation technique deep-tech (Beguir). Cela dit : « L’équipe peut scaler internationalement. »
Le rebrand Thunder Code → Thunders : erreur ou ajustement stratégique ?
Les faits : rebrand trois mois après 9M$ Seed, baisse trafic -72,3%. Officiellement : « Thunder Code » sonnait trop technique, confondait la proposition no-code. « Thunders » simplifie et internationalise. Mon analyse : le timing s’apparente à un aveu stratégique anticipé. Un rebrand réussi (Airbnb 2014, Dropbox 2017) se fait avec momentum croissant, pas pendant validation produit critique. Cela suggère soit feedback marché négatif non anticipé (« les gens pensent qu’on fait du code ? »), soit pression investisseurs pour clarifier messaging avant scaling. La chute de trafic web indique problèmes transition SEO plus profonds que prévu. Thunder Code sera jugé sur sa capacité à livrer 100+ clients payants T2 2026, pas sur son nom – mais ce signal mérite surveillance comme indicateur précoce d’instabilité stratégique.
Quelle valorisation pour Thunder Code et est-elle justifiée ?
Non divulguée, mais estimation basée sur dilution Seed typique (15-20%) : valorisation post-money 40-50M$ (35-44M€). Contexte : Expensya valorisé ~100M€ post-Série B avant acquisition 120M$+. Thunder Code démarre 30-40% moins cher, reflétant stade précoce mais aussi crédibilité fondateurs. Est-ce justifié ? Dépend entièrement des 18 prochains mois. Si Thunder Code atteint 3-5M€ ARR fin 2026 avec 100+ clients, valorisation Série A de 120-180M€ sera défendable. Sinon, les investisseurs auront surpayé un pari sur l’équipe qui n’a pas abouti. Le marché jugera en T4 2026.
Thunder Code : Vision Sans Exécution Reste Une Note de Bas de Page
Thunder Code représente l’un des paris les plus intelligents de l’écosystème tech européen en 2025. Karim Jouini et Jihed Othmani ont prouvé avec Expensya qu’ils savaient livrer un SaaS B2B international de qualité. Ils ont levé 9M$ auprès d’investisseurs sophistiqués qui connaissent leur capacité d’exécution. Ils ciblent un marché de 99,79B$ en 2035 avec une proposition différenciée.
Mais Thunder Code est « default dead » et devra prouver product/market fit pour 100+ clients payants d’ici T2 2026 sous peine de shutdown ou fire-sale. Les signaux précoces (rebrand trois mois post-Seed, chute trafic web -72,3%) suggèrent des ajustements stratégiques non planifiés. La promesse no-code absolu est techniquement ambitieuse – 70-80% des cas d’usage semble plus réaliste que 100%. Les GAFAM peuvent commoditiser le marché avant que Thunder Code n’atteigne critical mass. Et l’Europe reste un marché 25-30% plus petit que les US, limitant l’upside valorisation.
Si Thunder Code tient ses promesses techniques et signe 200+ clients mid-market d’ici fin 2027, il deviendra le modèle de la souveraineté numérique européenne dans l’IA testing, valorisé 300-500M€. S’il bute sur la complexité du no-code à grande échelle, il deviendra un cas d’école où vision sans exécution reste une note de bas de page. Les 18 prochains mois diront si Thunder Code devient un champion européen ou un rêve trop ambitieux. Miseriez-vous votre carrière sur une plateforme qui promet de remplacer Selenium en 18 mois ? Moi, je reste sceptique. Mais j’espère me tromper.

