TL;DR : Les statistiques suggèrent une meilleure conversion de Series A vers Série B que de Seed vers Series A—c’est vrai. Mais cette apparente facilité cache un piège : le risque se déplace—moins « market risk », plus organisationnel. Passer de 20 personnes que vous connaissez par leur prénom à 150 inconnus dans un open space ? C’est là que beaucoup de fondateurs craquent. Ce guide expose la mécanique réelle : le shift MRR→ARR, les deux types de timeline qu’on confond systématiquement, et la transformation fondateur-opérateur vers CEO-délégateur que personne n’anticipe vraiment.
- Série B : Exécution, Pas Jugement
- Le Shift des Métriques : De MRR à ARR
- Timeline : Deux Notions Qu’on Confond Systématiquement
- Première notion : la durée du process de fundraising
- Deuxième notion : le temps écoulé entre Series A et Série B
- Northvolt : Quand 13 Milliards Ne Suffisent Pas
- Pourquoi Certaines Startups Échouent Après la Série B
- Les Playbooks d’Expansion : Ce Que les VCs Attendent
- Série B par Géographie : Une Tendance Plus Cross-Border
- La Transformation Fondateur→CEO : Le Vrai Test
- Le Parcours Complet : Du Love Money à la Série B
- Prospective 2025-2027 (Hypothèses)
- FAQ
- Quelle différence entre durée du process et temps entre rounds ?
- Quelles métriques pour une Série B ?
- Pourquoi le taux de conversion Series A→B est-il meilleur que Seed→A ?
- Qu’est-ce qui fait échouer les startups après une Série B ?
- Combien de dilution en Série B ?
- La Série B garantit-elle le succès ?
- Ce Que Je Retiens
Ce qu’on raconte sur la Série B est souvent incomplet. On entend partout que c’est « plus facile » que la Series A. Mathématiquement, les estimations sont rassurantes—selon une estimation citée par Smedvig Ventures, environ 65% des startups Series A atteindraient la Série B, contre seulement 20-30% qui passent de Seed à Series A. Ces taux varient selon les cohortes, les géographies et les périodes—mais l’ordre de grandeur reste parlant.
Le vrai paradoxe ? Le risque se déplace. En Series A, le danger est externe : le marché existe-t-il ? Le produit a-t-il trouvé son fit ? En Série B, le danger devient interne : pouvez-vous vous transformer ? Pouvez-vous lâcher le contrôle ? Northvolt, avec environ 13 milliards de dollars levés (dette + equity), a fini en faillite, non pas faute d’ambition, mais parce que l’exécution industrielle et le ramp-up ont dérapé.
Il faut être lucide : selon les données Carta Q4 2024, le capital investi en Série B a augmenté de 17,3% en 2024, tandis que les stades plus précoces reculaient (Seed -12,5%, Series A -6,7%). Ce contraste est brutal. Il montre que les VCs concentrent leurs paris sur des entreprises déjà filtrées, avec des unit economics prouvés.Méthodologie et limites
Sources macro :Carta State of Private Markets Q4 2024, Crunchbase Series A/B Analysis H1 2024, Atomico State of European Tech 2024.
Illustrations françaises : deals publics observés (nextProtein, FAIRMAT, U-Space)—trop petit pour généraliser, utile uniquement pour illustrer des patterns.
Limites : les taux de conversion varient selon les sources et les définitions. Chiffres présentés = ordres de grandeur, pas des vérités absolues. Les méthodologies de collecte diffèrent d’une source à l’autre.
Série B : Exécution, Pas Jugement
La Series A est un tribunal : « Votre marché existe-t-il ? » La Série B est un examen opérationnel : « Pouvez-vous répliquer ce qui fonctionne à 10× ? »
Cette distinction change tout. La Series A ? C’est du rêve qu’on teste. La Série B ? C’est de la mécanique qu’on audite.
En Series A, les VCs évaluent le potentiel. En Série B, ils mesurent la capacité opérationnelle. Le fondateur qui a convaincu avec sa vision doit maintenant prouver qu’il peut construire une organisation qui fonctionne sans lui dans chaque décision. Comme le résume Jon Lerner, Partner chez Smedvig Ventures : « Building this team comes down to surrounding yourself with brilliant people and learning to delegate. »Mini-glossaire
ARR : Annual Recurring Revenue — revenu récurrent annualisé.
MRR : Monthly Recurring Revenue — revenu récurrent mensuel (ARR = MRR × 12).
NRR : Net Revenue Retention — rétention nette incluant expansion. Un NRR >100% signifie croissance nette même sans nouveaux clients. Gold standard SaaS : >110%.
GRR : Gross Revenue Retention — rétention brute hors expansion, mesure uniquement le churn. Benchmark sain : >85%.
CAC payback : temps pour récupérer le coût d’acquisition client.
L’insight clé : si vous passez la Series A, vous avez statistiquement de bonnes chances d’atteindre la Series C. Selon une estimation de Smedvig Ventures, les échecs deviennent nettement plus rares après la Série B—à prendre comme un ordre de grandeur narratif, pas comme une mesure scientifique, car la méthodologie et les définitions d’échec varient. La Series A est le vrai goulot d’étranglement. La Série B est de l’exécution, pas du jugement. L’analyse des dix années de financement pré-amorçage montre comment ce filtre s’est durci au fil du temps.
Le Shift des Métriques : De MRR à ARR
Le passage Series A → Série B marque un changement fondamental dans l’évaluation. Les métriques mensuelles cèdent la place aux métriques annuelles. La croissance MoM devient croissance YoY. Et surtout—c’est crucial—les VCs exigent maintenant un chemin vers la profitabilité.
Voici les ordres de grandeur fréquemment cités dans l’écosystème. En Series A, on parle souvent de 100-400K€ MRR (soit 1,2-4,8M€ ARR)—c’est la métrique d’une startup qui cherche son rythme. En Série B, on parle généralement de 5-15M€ ARR selon le secteur et la géographie—c’est la métrique d’une entreprise qui doit prouver sa prévisibilité. Ces seuils ne sont pas des règles absolues, mais des repères issus des benchmarks usuels.
Sur la rétention, une confusion revient souvent dans les decks et les discussions : NRR vs GRR. Le NRR (Net Revenue Retention) inclut l’expansion : un NRR de 100% signifie que vous maintenez votre base, un NRR >110% signifie que vous grandissez même sans nouveaux clients. C’est le gold standard SaaS. Le GRR (Gross Revenue Retention) mesure uniquement le churn brut : un GRR >85% est généralement considéré comme sain en B2B SaaS.
Selon Carta, la valorisation médiane pre-money en Série B était de 143 M$ pour les startups IA en 2024, soit 50% plus élevée que pour les non-IA. L’analyse des SaaS français high-growth montre des patterns similaires dans l’écosystème européen.
La différence clé avec la Series A : en Série B, les VCs exigent un plan crédible vers la profitabilité sur 2-3 ans. Le « growth at all costs » est mort depuis 2022.
Timeline : Deux Notions Qu’on Confond Systématiquement
Il y a deux timelines complètement différentes qu’on mélange constamment dans les articles sur la Série B. Et cette confusion crée des attentes irréalistes.
Première notion : la durée du process de fundraising
C’est le temps entre le premier deck envoyé et le closing. Selon les retours d’acteurs, le process Série B est souvent plus court que celui de Series A : souvent entre 5-7 mois dans les cas favorables (traction évidente, due diligence sans surprises), contre souvent 10-16 mois pour une Series A standard. La raison ? Les VCs connaissent déjà le marché—la Series A l’a validé. La due diligence est plus opérationnelle (équipe, CAC, rétention) que stratégique (taille de marché, PMF).
Deuxième notion : le temps écoulé entre Series A et Série B
C’est le runway + exécution avant de relever. C’est une notion complètement différente. Selon Crunchbase, le temps médian entre Series A et Série B était de 28 mois en 2024—le plus long depuis 2012. Ce n’est pas le process qui rallonge, c’est le temps nécessaire pour atteindre les métriques requises qui s’allonge.
Exception notable : les startups dans les secteurs « chauds » (IA, biotech) peuvent lever beaucoup plus vite. xAI d’Elon Musk a levé sa Series B de 6 milliards $ seulement 6 mois après son tour précédent. Mais ce n’est pas la norme—c’est l’exception qui confirme la règle.
Northvolt : Quand 13 Milliards Ne Suffisent Pas
Il faut parler de Northvolt. Ce cas est trop important pour être ignoré.
Le fabricant suédois de batteries, fondé en 2016 par Peter Carlsson, un ancien de Tesla, était censé être la réponse européenne à CATL. La startup avait levé environ 13 milliards de dollars en dette et equity selon Sifted, avec des investisseurs comme Goldman Sachs, Volkswagen (21% du capital), BMW, et IKEA.
Le 21 novembre 2024, Northvolt a demandé la protection du Chapter 11 aux États-Unis—une procédure de restructuration, pas une liquidation. Selon Reuters, la startup avait accumulé 5,8 milliards de dollars de dette et ne disposait plus que d’environ 30 millions en cash—soit un runway extrêmement court. Le CEO et co-fondateur Peter Carlsson a démissionné peu après.
Malgré le Chapter 11, Northvolt n’a pas réussi à trouver les financements nécessaires. Le 12 mars 2025, la société a déposé le bilan en Suède, selon le communiqué officiel de Northvolt.
BMW a annulé un contrat de 2 milliards d’euros en juin 2024 parce que Northvolt avait deux ans de retard sur ses livraisons, selon Reuters. La production réelle ? Moins de 1% de la capacité prévue selon Bruegel. 1 600 employés ont été licenciés.
Le diagnostic de Bloomberg est brutal : « Europe lacks experience and execution, not capital or ambition. » Le capital était là. La vision était là. Ce qui manquait ? La capacité à transformer l’ambition en réalité opérationnelle à grande échelle.
Northvolt n’est pas un cas isolé—c’est un avertissement. La Série B amplifie les faiblesses d’exécution. Si vous ne savez pas scaler vos opérations avant de lever, les millions supplémentaires ne feront qu’accélérer l’échec.
Pourquoi Certaines Startups Échouent Après la Série B
C’est précisément ici que le paradoxe devient visible. Le taux de conversion Series A→Série B est bon. Mais une partie des startups ayant levé n’atteint jamais la Series C ou l’exit. Et les causes sont rarement financières.
Le passage de 20 à 100+ personnes change la nature même du pilotage : l’information se fragmente, les décisions se distribuent, et le fondateur perd mécaniquement la visibilité qu’il avait en early-stage.
Les patterns d’échec fréquemment observés dans les analyses de CB Insights (qui compile les causes de mortalité startup toutes étapes confondues) se retrouvent amplifiés en phase de scaling.
Le chaos organisationnel est le pattern le plus fréquent. Le fondateur qui gérait efficacement 20 personnes se retrouve paralysé à 100+. Il continue à vouloir tout contrôler, recrute mal, ou s’épuise. La culture casse, les talents partent. L’organisation explose de l’intérieur. Plusieurs analyses de Sifted et Bruegel ont décrit chez Northvolt une combinaison de retards, de dette et de ramp-up raté.
Les unit economics dégradés au scale constituent le deuxième pattern. Le CAC qui était acceptable en SMB devient prohibitif en Enterprise. Les channels d’acquisition gratuits se tarissent. La croissance coûte plus cher que prévu. Et le capital Série B ne suffit pas à combler le trou.
La concentration client est un risque sous-estimé. Quand vos 3 plus gros clients représentent 40% du revenu, perdre l’un d’eux est catastrophique. Northvolt l’a appris quand BMW a annulé son contrat de 2 milliards d’euros.
Les conflits co-fondateurs explosent souvent à ce stade. Selon les recherches du professeur Noam Wasserman de Harvard (auteur de The Founder’s Dilemmas), les conflits entre co-fondateurs sont une cause récurrente d’échec startup. La pression Série B les exacerbe.
Le dénominateur commun est souvent humain avant d’être financier.
Les Playbooks d’Expansion : Ce Que les VCs Attendent
La Série B n’est pas un simple « plus de capital ». Les VCs attendent un plan d’expansion clair. Et généralement, ils veulent voir au moins deux axes simultanés.
L’expansion géographique est le playbook le plus courant : étendre USA→Europe ou Europe→USA, recruter des équipes locales. C’est le chemin classique. L’analyse Europe de l’IA 2025 montre les différences entre écosystèmes et les raisons pour lesquelles certaines expansions échouent.
L’expansion verticale—passer de SMB à Enterprise, ou l’inverse—est plus risquée. Les cycles de vente enterprise sont longs et le CAC augmente significativement. Beaucoup de startups sous-estiment ce shift—c’est souvent un changement complet de playbook commercial.
L’expansion produit—ajouter des produits adjacents, upsell clients existants—est le moins risqué car vous travaillez avec une base client existante qui vous connaît.
Un scaling mono-axe est perçu comme « ennuyeux » avec un upside limité. Les startups comme Mistral AI illustrent comment combiner expansion produit et géographique simultanément. Mais attention : ne tentez pas les deux en même temps si vous n’avez pas une équipe solide et expérimentée. Trop de startups se disloquent en essayant de courir deux lièvres à la fois.
Série B par Géographie : Une Tendance Plus Cross-Border
Contrairement à la Series A (souvent plus USA-centrée), la Série B tend à être plus neutre géographiquement. Les startups européennes en phase de scaling peuvent accéder au capital américain car elles sont « expansion-ready ».
Selon Atomico State of European Tech 2024, les ordres de grandeur observés varient significativement : USA autour de $20-30M, France €15-25M, Allemagne €20-30M, UK £15-25M. Les montants dépendent fortement des secteurs (IA vs SaaS traditionnel vs deeptech).
C’est une bonne nouvelle pour les fondateurs européens : plus d’accès au capital international, moins d’arbitrage géographique qu’en early-stage. Les cas Y Combinator France, UK et Allemagne montrent comment les startups européennes accèdent progressivement au capital international.
La Transformation Fondateur→CEO : Le Vrai Test
Le capital Série B est rarement le défi principal. La transformation personnelle du fondateur l’est.
Avant la Série B : le fondateur est opérateur-en-chef. Il touche à tout, connaît chaque décision, gère 10-20 personnes qu’il a recrutées lui-même. Le board ? C’est lui plus un VC qui l’a soutenu.
Après la Série B : le fondateur doit devenir CEO-délégateur. Gérer 50-150 personnes dont il ne connaît que la moitié. Accepter un board où il est minoritaire (fondateur + 2-3 VCs + indépendants). Prendre des décisions sur des sujets où il n’a plus l’expertise directe.
Déléguer est une violence faite à l’ego. Accepter de ne plus tout savoir ? Pour un fondateur habitué au contrôle total, ce n’est pas juste un changement de poste—c’est un deuil. Le deuil de l’omniscience.
Les fondateurs qui survivent à la Série B sont ceux qui acceptent cette transformation. Ceux qui ne l’acceptent pas sont généralement poussés dehors par le board ou voient leur entreprise stagner. Peter Carlsson de Northvolt a démissionné. Conseil : recrutez un vrai COO/CFO (pas un co-fondateur qui cumule) six mois avant le closing. Pour que le board sache que l’organisation peut scaler sans vous dans chaque décision.
Le Parcours Complet : Du Love Money à la Série B
La Série B est l’aboutissement d’un parcours de 36-48 mois. Chaque étape précédente conditionne la suivante.
Le Love Money (mois 0-2) détermine la fondation de votre cap table. Un mauvais structuring au départ se paie cher à la Série B en dilution cumulée.
Le Pre-Seed (mois 2-6) détermine si vous atteignez le Seed avec une vraie traction ou juste une idée. C’est là que se joue la différence entre « startup prometteuse » et « projet intéressant ».
Le Seed (mois 6-24) est le test d’accélération. La majorité de la cohorte Seed meurt avant la Series A—c’est le filtre le plus brutal du parcours.
La Series A (mois 24-36) est la porte de jugement. La Série B assume que vous avez passé ce jugement et que vous pouvez maintenant exécuter à grande échelle.
Prospective 2025-2027 (Hypothèses)
Discipline continue sur les montants
Selon Carta, les montants Série B ont significativement baissé depuis le pic de 2021. Scénario probable : cette tendance devrait continuer. Les VCs exigent des unit economics prouvés, pas juste de la croissance.
Focus profitabilité
Le « path to profitability » devient non-négociable. Hypothèse : les startups qui ne peuvent pas montrer un plan crédible sur 2-3 ans auront du mal à lever—peu importe la croissance affichée. Les données Carta sur la discipline du late-stage soutiennent cette hypothèse.
Consolidation géographique
Scénario probable : moins d’expansion « partout à la fois ». Les VCs préfèrent une domination locale avant expansion internationale. L’échec de Northvolt, qui voulait ouvrir des usines en Suède, Allemagne, Canada et ailleurs simultanément, illustre les risques de l’expansion prématurée.
FAQ
Quelle différence entre durée du process et temps entre rounds ?
Le process de fundraising (decks → closing) dure souvent 5-12 mois. Le temps entre Series A et Série B (exécution + atteinte des métriques) est d’environ 28 mois en médiane selon Crunchbase 2024. Ce sont deux notions distinctes qu’on confond systématiquement.
Quelles métriques pour une Série B ?
Ordres de grandeur fréquemment cités dans l’écosystème : ARR entre 5-15M€, croissance YoY significative, NRR >100% (idéalement >110%), GRR >85%, CAC payback raisonnable, chemin vers profitabilité visible sur 2-3 ans. Les seuils varient significativement selon les secteurs.
Pourquoi le taux de conversion Series A→B est-il meilleur que Seed→A ?
Parce que la Series A filtre brutalement—la majorité de la cohorte Seed n’y arrive jamais. La cohorte Série B est pré-filtrée : seules les entreprises avec des unit economics prouvés et une traction réelle y arrivent.
Qu’est-ce qui fait échouer les startups après une Série B ?
Principalement des problèmes humains : chaos organisationnel quand on passe de 20 à 100+ personnes, fondateur qui ne sait pas déléguer, conflits co-fondateurs, unit economics dégradés au scale. Le plus souvent, pas un problème de capital « pur ». Northvolt en est l’exemple parfait.
Combien de dilution en Série B ?
Selon Carta Q4 2024, la dilution médiane Série B était d’environ 15%, en baisse par rapport à l’année précédente. Tendance favorable aux fondateurs.
La Série B garantit-elle le succès ?
Non. Le risque change de nature : de market risk (la Series A) à execution risk (la Série B). Le capital est une extension de runway avec une gouvernance plus exigeante, pas une garantie de succès.
Ce Que Je Retiens
La Série B est un paradoxe. Statistiquement plus facile que la Series A. Mais plus difficile à exécuter pour le fondateur.
Le vrai test n’est pas de convaincre des VCs—c’est de vous transformer. Passer de fondateur-opérateur (tout contrôler, tout savoir) à CEO-délégateur (accepter l’ignorance, faire confiance). Ceux qui réussissent cette transformation prospèrent. Ceux qui ne la font pas sont poussés dehors ou voient leur entreprise stagner.
Northvolt avait levé des montants gigantesques. Pourtant, l’argent n’a pas compensé un ramp-up industriel raté, une trajectoire de cash et d’exécution qui n’a pas tenu l’échelle. Bloomberg résume ainsi : « Europe lacks experience and execution, not capital or ambition. »
Le capital Série B n’est pas le succès. C’est juste une extension de runway avec une gouvernance plus exigeante et des attentes plus élevées. L’exécution post-raise est tout. Et l’exécution à 100+ personnes est fondamentalement différente de l’exécution à 20.
Si le taux de conversion Series A→Série B est meilleur que Seed→Series A, pourquoi les articles VC ne célèbrent-ils pas la Série B comme un milestone « plus facile » ? Peut-être parce que le vrai risque—la fragilité organisationnelle face au scaling—n’est pas mesurable dans un deck. Et beaucoup d’analyses VC ont tendance à parler de « market risk » (quantifiable) plutôt que de « founder fragility » (inconfortable).
La question finale est simple : êtes-vous prêt à changer de mode de management avant que l’organisation ne vous y force ?
Vous avez une expérience différente ? Partagez-la sur LinkedIn MagStartup.

